Mac, Windows ou Linux : quel OS pour vos équipes ?
Pourquoi mettre toute l'entreprise sur Mac simplifie tout : coût, sécurité, maintenance et homogénéité. Le guide pour faire le bon choix d'OS en startup.
La question revient régulièrement quand on monte une équipe : sur quel système d'exploitation mettre tout le monde ? La réponse courte : mettez tout le monde sur Mac. La réponse longue mérite quelques explications, parce que ce choix a des implications bien au-delà de la simple préférence personnelle. C'est un choix d'organisation qui impacte votre productivité, votre sécurité et vos coûts de maintenance sur le long terme.
L'homogénéité avant tout
Le premier argument en faveur du Mac n'est pas le Mac lui-même : c'est l'homogénéité. Avoir l'ensemble de vos équipes sur le même système d'exploitation vous fait gagner un temps considérable au quotidien. Quand un développeur trouve une astuce, un raccourci clavier, un outil qui lui fait gagner du temps, il peut le partager immédiatement à toute l'équipe. Quand quelqu'un a un problème de configuration, un collègue peut l'aider en deux minutes parce qu'il a exactement le même environnement. Quand vous écrivez une documentation interne pour installer un outil ou configurer un VPN, vous n'écrivez qu'une seule version.
Les développeurs sont particulièrement sensibles à ce type de gain. Ils passent leur journée à optimiser du code et des processus : un environnement de travail homogène est naturellement quelque chose qui leur parle. Chez Wizbii comme chez Winter, nous avions quelques rares demandes de développeurs qui auraient préféré Linux. Mais quand ils voyaient les machines de leurs collègues et surtout la fluidité avec laquelle tout le monde partageait ses configurations et ses outils, ils finissaient par vouloir passer sur Mac eux aussi. L'effet de réseau d'un setup commun est un accélérateur qu'on sous-estime souvent.
J'annonce d'ailleurs ce choix dès l'entretien de recrutement : "on est tous sur Mac et on compte le rester pour des questions d'homogénéité de l'expérience développeur". C'est assez rare que des candidats posent des questions là-dessus, et l'argument de l'homogénéité fait mouche à chaque fois. Répondre favorablement aux desiderata de chacun en matière d'OS semble bienveillant, mais c'est en réalité un frein collectif qui se paie cher au quotidien.
Le coût : un faux débat
L'objection la plus fréquente au Mac reste le prix. C'est un argument qui ne résiste pas à une analyse sérieuse. À composants équivalents, processeur, RAM, stockage SSD, qualité d'écran, les Mac sont au même prix que les PC, voire moins chers par moments. On trouve évidemment des PC beaucoup moins chers, mais avec des configurations qui ne tiennent pas dans le temps : écran médiocre, batterie qui fatigue rapidement, clavier qui s'use. Le ROI réel d'une machine, c'est sa durée de vie productive, pas son prix d'achat. Un MacBook Pro qui dure 4 à 5 ans sans perte de performance significative revient souvent moins cher qu'un PC qu'on remplace au bout de 2 à 3 ans.
Côté maintenance, l'avantage Mac est encore plus net. J'ai vu des clients tenir jusqu'à 150 à 200 postes Mac avant de commencer à réfléchir à mettre en place un MDM (Mobile Device Management), et encore un peu plus avant de dédier quelqu'un à l'IT. C'est impensable avec un parc Windows, où les problèmes de drivers, de mises à jour qui cassent des configurations et de compatibilité logicielle génèrent un flux constant de tickets support. Pour une startup ou une scale-up en croissance, ne pas avoir besoin d'une personne dédiée à l'IT pendant les 150 premiers postes représente une économie significative.
La sécurité : l'argument qu'on oublie trop souvent
La sécurité est indéniablement un gros point fort de macOS, surtout avec un ordinateur bien configuré. Et la bonne configuration est simple : pour la majorité des collaborateurs, un compte utilisateur standard suffit. Un compte administrateur est non seulement inutile pour les équipes non tech, il est même dangereux. En laissant les collaborateurs sur un compte utilisateur classique, on sait qu'ils ne pourront installer que des applications depuis le Mac App Store, exactement comme ils le feraient sur leur smartphone. Les risques en termes de sécurité deviennent infiniment moindres qu'avec une machine Windows où n'importe quel exécutable téléchargé sur internet peut s'installer librement.
Pour les équipes techniques qui ont besoin de plus de liberté, notamment pour installer des outils en ligne de commande via Homebrew ou des environnements de développement spécifiques, un compte administrateur se justifie. Mais même dans ce cas, macOS offre des protections natives comme Gatekeeper et le sandboxing des applications qui limitent considérablement la surface d'attaque. Sans MDM, seules les mises à jour système restent un sujet à gérer, mais elles peuvent en général se faire sur la pause déjeuner sans perturber le travail.
L'exception qui confirme la règle
Il existe tout de même un cas où le tout-Mac atteint ses limites : certaines équipes finance qui utilisent des outils anciens, notamment de comptabilité, qui ne sont tout simplement pas compatibles avec macOS. Ces logiciels, souvent développés il y a 15 ou 20 ans, n'existent que sous Windows et n'ont pas d'équivalent fonctionnel sur Mac. Dans ce cas précis, un petit PC dédié à côté du Mac est souvent la solution la plus pragmatique. L'important est de bien le sécuriser : antivirus à jour, compte utilisateur sans droits administrateur, et idéalement sur un réseau séparé de votre réseau principal.
Mais cette exception ne doit pas remettre en question le choix global. Avoir 95% de votre entreprise sur Mac et 5% avec un PC complémentaire pour des usages spécifiques reste infiniment plus simple à gérer que de laisser chacun choisir son OS.
Et Linux dans tout ça ?
Linux reste un excellent système d'exploitation pour les serveurs et l'infrastructure. Mais comme poste de travail en entreprise, il pose des problèmes pratiques que ses qualités techniques ne compensent pas. La compatibilité avec les outils courants de l'entreprise, visioconférence, suite bureautique, outils de design, est souvent approximative. Le support matériel peut être capricieux selon les machines. Et surtout, chaque distribution Linux a ses spécificités, ce qui va à l'encontre de l'objectif d'homogénéité. macOS offre d'ailleurs un terminal Unix natif qui donne aux développeurs l'essentiel de ce qu'ils cherchent sous Linux : un shell bash ou zsh, des outils en ligne de commande, la compatibilité avec Docker et les environnements de développement modernes. C'est souvent le meilleur compromis entre la puissance d'un environnement Unix et la compatibilité d'un OS grand public.
En résumé
Le choix de l'OS pour vos équipes n'est pas une question de préférence personnelle : c'est une décision d'organisation. L'homogénéité sur Mac vous fait gagner du temps au quotidien, simplifie votre maintenance IT jusqu'à des tailles d'équipe surprenantes, et vous offre un niveau de sécurité natif difficile à atteindre sous Windows sans investissement conséquent. Annoncez ce choix clairement dès le recrutement et tenez la ligne : vos équipes vous en remercieront.
En bootstrap Tech & Produit, je vous accompagne dans les choix fondateurs de votre organisation technique : équipement, stack, outils et processus pour démarrer sur de bonnes bases.