Les capabilities Accelerate : par où commencer ?
Accelerate propose une trentaine de capabilities. Lesquelles prioriser et comment les mettre en place sans paralyser votre organisation.
Après avoir compris les principes d'Accelerate et mis en place les quatre métriques clés, la question qui vient naturellement est : comment améliorer ces métriques concrètement ? C'est là qu'interviennent les capabilities Accelerate, une trentaine d'aptitudes à évaluer et à faire progresser dans le temps.
- Accelerate : définition et principes
- Les 4 métriques clés d'Accelerate
- Les capabilities Accelerate : par où commencer ? (cet article)
Trente capabilities, mais par laquelle commencer ?
Accelerate propose une trentaine d'aptitudes couvrant des domaines très variés : est-ce que l'entreprise fait du déploiement continu ? Est-ce qu'elle automatise ses déploiements ? Est-ce que la documentation est de qualité ? Est-ce que l'organisation dans son ensemble est capable de bouger rapidement ? Est-ce que les équipes prennent le temps d'expérimenter de nouvelles choses ?
Toutes ces questions sont celles que les bons leaders devraient se poser régulièrement, qu'ils soient CTO, CPO ou CEO. Les relire de temps en temps est déjà en soi une bonne pratique. Mais attention : vouloir tout suivre en même temps est le meilleur moyen de ne rien améliorer du tout. Chaque capability demande du temps, de l'énergie et souvent un changement d'habitudes. Mettre en place un suivi de toutes ces aptitudes en parallèle prendrait un temps considérable, que vous l'automatisiez ou que vous le fassiez manuellement.
Il vaut mieux comprendre l'ensemble de ces capabilities et sélectionner celles sur lesquelles vous voulez vraiment travailler à court et moyen terme. Accelerate donne une destination, mais c'est à chacun de trouver son chemin pour y arriver.
La capability la plus sous-estimée : l'Employee NPS
Si je ne devais en retenir qu'une au démarrage, ce serait la mesure de la satisfaction des équipes. Quand on intègre Accelerate, on change beaucoup d'habitudes et on bouleverse des façons de travailler qui étaient en place depuis parfois des années. Si les équipes, qu'elles soient management ou opérationnelles, ne se sentent pas bien dans ce changement, c'est qu'on fait mal son travail de mise en place.
L'Employee NPS est un signal d'alerte indispensable. Typiquement, si vous ne regardez que la Deployment Frequency et que vous poussez pour son accélération sans prendre le pouls de vos équipes, vous risquez de les stresser ou de les amener à faire de la sous-qualité. Ce n'est qu'en croisant cette pression avec le Change Failure Rate et la satisfaction de vos collaborateurs que vous pouvez vous assurer que l'accélération est saine et durable.
Chez Wizbii, sur les deux ans de mise en place d'Accelerate, le suivi régulier du bien-être des équipes a été un garde-fou essentiel. À chaque revue semestrielle, c'était l'un des premiers indicateurs que nous analysions avant même de regarder les métriques de performance. Parce qu'une équipe qui performe mais qui est épuisée n'est qu'à quelques mois d'une vague de départs, et vous perdrez alors bien plus que ce que vous avez gagné.
L'automatisation : le levier le plus impactant
L'autre grande famille de capabilities à considérer en priorité est tout ce qui touche à l'automatisation. C'est un constat simple : on ne peut pas aller plus vite et mieux si on conserve tous ses réflexes manuels. Automatiser au maximum les tâches répétitives est absolument indispensable, et un temps très important doit être dédié à cet aspect.
L'automatisation couvre un spectre large : intégration continue (vos tests s'exécutent-ils automatiquement à chaque modification de code ?), déploiement continu (un merge sur la branche principale déclenche-t-il automatiquement une mise en production ?), provisionning d'infrastructure (pouvez-vous recréer un environnement complet en quelques minutes ?), monitoring et alerting (êtes-vous prévenu automatiquement quand quelque chose ne va pas ?).
Chacun de ces chantiers d'automatisation a un impact direct sur les quatre métriques clés. Un déploiement automatisé améliore votre Deployment Frequency et votre Mean Time to Restore. Des tests automatisés réduisent votre Change Failure Rate. Un pipe de delivery automatisé de bout en bout réduit votre Lead Time to Change. C'est probablement l'investissement qui a le meilleur retour parmi toutes les capabilities, et c'est pour cette raison qu'il doit être priorisé.
Comment mettre en place une revue des capabilities
Plutôt que d'essayer de tout adresser en même temps, je recommande de mettre en place une revue semestrielle des capabilities. Le rythme semestriel est un bon compromis : assez fréquent pour maintenir la dynamique d'amélioration, mais assez espacé pour que les changements aient eu le temps de produire des effets mesurables.
Chez Wizbii, nous avons réalisé quatre revues semestrielles sur deux ans. Le process était relativement simple : on passait en revue l'ensemble des capabilities, on évaluait notre niveau sur celles qu'on avait décidé de suivre, et on définissait les deux ou trois axes d'amélioration pour le semestre suivant. Deux ou trois, pas dix. C'est la clé pour que les choses avancent vraiment.
Concrètement, une revue semestrielle peut se structurer ainsi :
- Évaluation de la satisfaction des équipes : avant de regarder la performance, vérifiez que les équipes sont dans de bonnes conditions. Si ce n'est pas le cas, c'est votre priorité numéro un.
- Analyse des 4 métriques clés : où en êtes-vous par rapport au semestre précédent ? Est-ce que les actions mises en place ont eu l'effet escompté ?
- Revue des capabilities ciblées : sur les 2-3 axes choisis au semestre précédent, quel progrès a été fait ? Qu'est-ce qui a fonctionné, qu'est-ce qui a bloqué ?
- Choix des prochains axes : en fonction de vos métriques et de vos objectifs business, quelles capabilities prioriser pour les six prochains mois ?
Les pièges à éviter
Le premier piège, c'est de vouloir tout faire en même temps. Trente capabilities, c'est séduisant sur le papier mais totalement irréaliste à implémenter en parallèle. Choisissez-en deux ou trois, faites-les bien, et passez aux suivantes.
Le deuxième piège, c'est d'oublier le business. Accelerate est un outil au service de votre entreprise, pas l'inverse. Si une capability ne vous aide pas à mieux servir vos utilisateurs, à réduire votre churn ou à augmenter vos ventes, repoussez-la à plus tard. La satisfaction utilisateur, la réponse à leurs attentes, la croissance du business : ce sont vos vraies métriques de succès. Accelerate est un moyen d'y arriver.
Le troisième piège, c'est de copier ce que font les autres sans comprendre leur contexte. Ce qui fonctionne chez Google ou chez Spotify ne fonctionnera pas forcément dans votre startup de vingt personnes. Accelerate propose des bonnes pratiques issues d'entreprises leaders, mais le mot clé est "issues de", pas "à appliquer telles quelles". Votre contexte est unique, et votre chemin vers l'amélioration le sera aussi.
En résumé
Les capabilities Accelerate sont un outil formidable pour structurer l'amélioration continue de votre organisation tech et produit. Mais comme toute boîte à outils, leur valeur dépend de la manière dont vous les utilisez. Commencez par mesurer la satisfaction de vos équipes pour vous assurer que le changement se fait dans de bonnes conditions. Investissez massivement dans l'automatisation, qui est le levier le plus impactant sur vos métriques. Et mettez en place une revue semestrielle pour garder le cap sans vous disperser. Deux ou trois axes d'amélioration par semestre, pas plus. C'est comme ça qu'on progresse durablement.
En accompagnement Scaling Tech & Produit, je vous aide à sélectionner et mettre en place les capabilities Accelerate qui auront le plus d'impact sur votre business, en m'appuyant sur quatre revues semestrielles réalisées chez Wizbii sur deux ans.