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Backend Developer : c'est quoi exactement ?

Publié le7 min de lecture

Comprendre le rôle du développeur backend pour mieux recruter : périmètre, compétences et erreurs à éviter dans le choix de votre premier dev.

Quand on lance sa startup, on entend partout qu'il faut recruter un bon développeur backend. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Et surtout, comment éviter de passer six mois à chercher la perle rare qui n'existe pas ?

Vue d'ensemble du métier

AspectDescription
Rôle principalFaire le lien entre la base de données et le code métier d'un côté, les interfaces utilisateur de l'autre
Responsabilités clésCohérence des données, règles métier, APIs, sécurité
Dans une petite structureGère aussi souvent l'infrastructure (déploiement, monitoring, CI/CD)
Profil startupConfirmé ou senior capable de faire des choix structurants
Profil scale-upPeut accueillir des juniors encadrés par des seniors

Le cœur du métier : orchestrer données et logique métier

Le développeur backend travaille principalement sur ce qu'on ne voit pas à l'écran. Son terrain de jeu, c'est la base de données, le code qui implémente les règles métier de votre produit, et les APIs qui permettent aux interfaces de communiquer avec tout ça. Concrètement, quand un utilisateur crée un compte, valide un paiement ou télécharge un document, c'est le backend qui vérifie que tout est conforme, stocke les bonnes informations au bon endroit, et retourne le résultat approprié.

C'est lui qui est garant de la cohérence de vos données avec les règles requises par votre activité. Si votre marketplace doit empêcher qu'un vendeur valide deux fois la même commande, c'est le backend developer qui met en place cette sécurité. Si votre SaaS applique des règles de facturation complexes selon les abonnements, c'est encore lui. Cette responsabilité est cruciale car une erreur à ce niveau peut avoir des conséquences importantes sur votre business : perte de revenus, données corrompues, problèmes légaux.

L'infrastructure : souvent dans le périmètre

Dans les petites structures, le développeur backend ne se contente pas d'écrire du code métier. C'est aussi souvent lui qui va mettre en place et gérer l'infrastructure de production. Chez Winter par exemple, avec seulement quatre développeurs dans l'équipe, ce sont les développeurs backend qui font vivre l'infrastructure en modifiant les scripts de CI/CD utilisant Gitlab-CI, les configurations de Docker Compose, et en surveillant la santé des serveurs.

Cette approche a du sens à plusieurs niveaux. D'abord, avec une équipe de cette taille, il n'y a pas de place pour un SRE à temps plein. Ensuite, et c'est peut-être le plus important, cela responsabilise l'équipe : en cas de problème majeur en production, on ne peut pas se permettre d'attendre qu'un prestataire externe réagisse. Avec un simple serveur bare metal et une administration simplifiée grâce à Docker Compose, on peut économiser plusieurs milliers d'euros par mois dès que le trafic commence à décoller, tout en gardant un contrôle total sur son infrastructure.

Les choix techniques qui font la différence

Un développeur backend ne se résume pas à celui qui tape du code. Au fur et à mesure de son évolution, il va prendre des décisions structurantes pour votre produit : architecture en monolithe ou micro-services, choix de la base de données, stratégie d'hébergement. Ces décisions ont un impact direct sur vos coûts, votre capacité à évoluer, et votre agilité.

Chez Wizbii, le choix de MongoDB comme base de données principale a été déterminant. Une expérience développeur forte, une simplicité de mise en production, et surtout une capacité à passer à l'échelle facilement alors que certaines collections contenaient des milliards d'enregistrements. Mais au-delà de la technologie elle-même, c'est le choix du déploiement qui a eu l'impact financier le plus important. En déployant une base de données open source sur leurs propres serveurs bare metal, l'entreprise ne payait que quelques dizaines d'euros par mois, là où une solution managée comme MongoDB Atlas aurait multiplié ce coût par vingt à cinquante. Sur une année, ce sont des dizaines de milliers d'euros économisés, sans compromis sur la performance ou la fiabilité.

Ces décisions ne doivent cependant pas être prises dans le vide. Un bon développeur backend senior ne choisit pas une technologie parce qu'elle est à la mode ou parce qu'il a envie de l'apprendre. Il prend en compte le contexte de l'entreprise : qui va être impacté par cette décision, quelles sont les évolutions planifiées, le reste de l'équipe sera-t-il à l'aise avec ces choix ? Cette maturité-là ne s'acquiert qu'avec l'expérience, et c'est exactement ce qui différencie un junior d'un senior.

L'évolution du rôle selon l'expérience

Un développeur backend junior va s'occuper d'un périmètre assez restreint et restera principalement sur du développement pur : implémenter une fonctionnalité selon les spécifications fournies, corriger des bugs, optimiser une requête. C'est un profil qui a besoin d'être guidé et encadré, ce qui fonctionne très bien dans une scale-up où il peut bénéficier de l'expertise des seniors autour de lui.

Dans une startup en revanche, le développeur backend va immédiatement devoir faire des choix structurants. Il n'y a personne au-dessus de lui pour valider ses décisions techniques, pas de SRE pour gérer l'infrastructure, pas d'architecte pour définir les grands patterns. C'est pour cette raison qu'il est d'autant plus important de choisir un développeur confirmé voire senior dans une startup, alors qu'une scale-up aura plus de latitude pour embaucher et former des développeurs juniors dans un environnement plus encadré.

Cette montée en compétence technique doit impérativement s'accompagner d'une montée en compétence sur les fondamentaux de l'entreprise. Un excellent développeur qui prend des décisions techniques brillantes mais complètement déconnectées de la réalité business peut faire plus de mal que de bien. À l'inverse, un développeur moins technique mais qui comprend les enjeux de l'entreprise et sait poser les bonnes questions peut être un atout considérable.

Les erreurs classiques au moment du recrutement

La première erreur que je vois régulièrement, c'est de chercher le mouton à cinq pattes. Le développeur qui maîtrise parfaitement backend et frontend, qui connaît toutes les bases de données du marché, qui peut gérer l'infrastructure les yeux fermés, et qui en plus est disponible immédiatement pour le salaire que vous proposez. Cette personne n'existe pas, ou alors elle a déjà créé sa propre boîte. Résultat : vous passez six mois à chercher quelqu'un, pendant que vos concurrents avancent avec des profils certes moins parfaits sur le papier, mais qui font le job.

La deuxième erreur, tout aussi fréquente, concerne le choix de la stack technique. Beaucoup de fondateurs se laissent séduire par les technologies à la mode, pensant que cela va faciliter le recrutement ou rendre le produit plus moderne. C'est exactement l'inverse qui se produit. En choisissant un framework ultra récent ou une base de données exotique, vous réduisez drastiquement le nombre de développeurs capables de travailler avec vous. Pire, vous prenez le risque de vous retrouver bloqué si cette technologie n'est plus maintenue dans quelques années.

Restez sur des technologies standards et éprouvées. PHP avec Symfony offre un écosystème mature et un vivier de candidats très large en France. Laravel fonctionne aussi, même s'il est un peu moins répandu dans l'hexagone. Java avec des frameworks récents reste une valeur sûre, particulièrement si vous ciblez des profils expérimentés. Node.js peut également être un bon choix grâce à son vivier important, même si la qualité des profils est plus inégale - un peu comme c'était le cas avec PHP il y a une dizaine d'années. Avec ces technologies, vous aurez un vivier de candidats beaucoup plus large, les développeurs que vous recruterez seront opérationnels plus rapidement, et vous pourrez les payer au prix du marché plutôt que de devoir surpayer pour attirer les rares spécialistes d'une techno de niche. La productivité de votre équipe ne vient pas de l'exotisme de votre stack, mais de sa capacité à livrer de la valeur rapidement et sans friction.

Fullstack ou backend spécialisé ?

La question revient souvent : faut-il recruter un développeur fullstack plutôt qu'un backend pur ? En startup, on peut tenter le coup, mais en faisant très attention. Les vrais fullstack sont plus difficiles à trouver car ils sont très demandés, et ils sont rarement experts de tous les domaines. Vous prenez donc un risque plus important à miser tout votre produit sur une personne qui sera peut-être excellente en backend mais moyenne en frontend, ou l'inverse.

Dans les scale-ups, la question se pose différemment. Les rôles sont généralement mieux définis, et l'entreprise sait précisément de quoi elle a besoin : renforcer le backend parce qu'on avance moins vite de ce côté-là, acquérir une compétence spécifique comme l'event sourcing, ou muscler l'expertise sur les tests automatisés. Dans ce contexte, recruter un spécialiste backend fait tout simplement plus de sens qu'un profil généraliste.

En résumé

Le développeur backend n'est pas un super-héros qui doit tout savoir faire. C'est un professionnel qui maîtrise un périmètre précis : la gestion des données, l'implémentation des règles métier, et souvent l'infrastructure dans les petites structures. Pour bien recruter, oubliez la perle rare et concentrez-vous sur trois points : des technologies standards qui facilitent le recrutement, un périmètre de compétences clairement défini selon votre stade de maturité, et un salaire aligné sur le marché. Vous gagnerez du temps, de l'argent, et surtout vous construirez une équipe solide plutôt que de courir après un fantasme.